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La Fondation des Trois Cultures regrette la perte de l’écrivain Antonio Lozano et lui rend hommage

11/02/19

La Fondation exprime ses sincères condoléances pour le décès d’Antonio Lozano, romancier et dramaturge, qui a consacré son travail à la connaissance de l’autre, à la levée des barrières et à la rencontre culturelle.

En compagnie des auteurs de roman noir Carlos Zanón et Jesús Lens, nous rendrons demain hommage à Lozano, dont le départ laisse un vide profond dans le domaine des lettres espagnoles et dans cette fondation, à qui, depuis 2009, il était étroitement lié grâce à son club de lecture.

Au cours des dix dernières années, trois de ses œuvres ont été traitées avec la collaboration du club de lecture Tres con libros (Les cendres de BagdadHarraga et Un long sommeil à Tanger) et il participa même à l’expérience de club de lecture, lancée par la Fondation des Trois Cultures, au centre pénitentiaire Sevilla 2.

En outre, Lozano a été le précurseur et le directeur du Festival du Sud-Rencontre théâtrale des Trois continents, organisée dans la ville canarienne d’Agüimes, avec laquelle la fondation collabore très activement.

Une de ses dernières interventions dans les manifestations de la Fondation a eu lieu lors de la deuxième édition du Festival Tres, en avril 2018, où il a partagé une table avec Alicia Giménez Bartlett et Jesús Lens, qui assisteront demain à la présentation de Carlos Zanón.

 

En guise d’humble témoignage de notre peine devant cette perte, nous nous souvenons aujourd’hui des paroles d’Antonio Lozano au club de lecture Tres con libros :

Pour un écrivain, avoir l’occasion de partager l’expérience de la lecture d’un de ses livres avec un groupe de lecteurs est un événement extraordinaire. Mais, parmi tous ceux que j’ai pu apprécier, celui de la Fondation des Trois cultures de la Méditerranée est sans aucun doute l’un des plus agréables et des plus émouvants de ma vie. Et cela pour diverses raisons.

            En premier lieu, parce que les personnes qui sont chargées de la bibliothèque qui organise le club de lecture font partie de ces êtres rares qui vivent pour l’amour de la littérature, qui exercent l’animation à la lecture comme une mission vitale, qui professent un énorme respect – à parts égales – pour l’écrivain et le lecteur. En bref, ils convertissent leur espace de travail en temple et l’activité qu’ils y réalisent en une cérémonie.

            Il est également vrai que lors de ma première visite, je fus ensorcelé par le lieu où j’avais été invité : l’ancien pavillon marocain de l’Exposition universelle de Séville de 1992. Je n’ai pas eu l’occasion à l’époque de visiter le grand événement. Je ne connaissais donc pas l’espace dans lequel j’avais été invité. Parmi les bâtiment érigés pour l’occasion, c’est l’un des rares à avoir été conservé. Il représente la meilleure reconversion après la fermeture de l’exposition : un espace de rencontre entre les cultures de la Méditerranée qui cohabitèrent autrefois dans notre pays. Subjugué par la beauté des lieux, j’ai senti que lorsque je franchissais la porte d’entrée, je revenais dans mon pays d’origine, le Maroc, ce pays dont je me sens citoyen sans même posséder de passeport, autant que celui dont je possède le document d’identité. Je me sentis comme un membre de cette communauté dont mes compagnons définissaient si bien la citoyenneté lors de la dernière édition du Festival du film africain de Tarifa : celle du Détroit. On pourrait dire que la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée abrite tous les habitants du Détroit…

            C’est du moins ce que j’ai ressenti lorsque j’ai franchi son seuil pour la première fois, lorsque je fus reçu par la plus grande gardienne des trésors bibliographiques dont regorgent les étagères de sa bibliothèque, la bien-aimée et admirée (ce n’est pas moi qui le dis, mais tous ceux qui la connaissent) Olga Cuadrado.

            Je ne venais pas, lors de cette première visite, parler du livre d’une grande écrivaine sénégalaise, Fatou Diome, qui étrennait l’activité du Club de lecture avec son oeuvre Un lugar del Atlántico. Cette fois-là, j’ai présenté l’auteur et animé le débat après son intervention, devant un grand public très intéressé, puis je suis retourné à Agüimes, la belle ville de Grande Canarie où je vis, avec le sentiment d’avoir vécu une expérience extraordinaire dans un lieu en hors du commun : la première activité d’un club de lecture qui serait sans doute appelé à faire de grandes choses, et avec le désir d’y retourner le plus rapidement possible.

            La chance voulut que mon souhait se réalisât assez rapidement car avec le passage du temps, rien de plus, rien de moins que trois de mes œuvres furent lues par les membres de cette communauté exceptionnelle de lecteurs. La première, Les cendres de Bagdad, est accompagnée d’un souvenir unique. L’auteur (moi-même) était accompagné du personnage principal du roman, Waleed Saleh. Le roman est basé, en effet, sur la vie du professeur d’origine irakienne – membre aujourd’hui du département des études arabes et islamiques de l’Université autonome de Madrid – et sur les vicissitudes qu’il a connues pendant ses années à Bagdad, en tant que membre d’un parti Communiste illégal et persécuté jusqu’à son arrivée forcée en Espagne, après avoir passé des années au Maroc. C’est une vie qui dépeint la lutte contre les adversités imposées par les gouvernements et les États, toujours dépassée comme un principe inaliénable de la liberté et de la dignité. La présence du protagoniste du roman dans le club de lecture a donné à la réunion un caractère inhabituel, devant un public habitué à faire face aux auteurs des romans lus mais qui avait devant lui, pour la première fois, le personnage principal de l’histoire. Je garde un souvenir inoubliable de ces heures intimes de réunion qui furent accompagnées d’un goûter pendant lequel je dégustais des pâtisseries du Moyen-Orient, cette région du monde si chère au cœur de Waleedet connue mondialement.

            J’ai également eu l’honneur, avec le protagoniste des Cendres de Bagdad et Olga Cuadrado, un peu plus tard, d’inaugurer le club de lecture créé par la Fondation à la prison de Séville. Il va sans dire que l’expérience devant une salle comble fut l’une des plus émouvantes et enrichissantes parmi toutes celles que ce magnifique métier d’écrivain m’a données.

            L’activité suivante du club de lecture de la Fondation s’inscrivit dans le cadre de la modalité itinérante que l’institution lui donna. J’ai eu l’occasion de faire un voyage en bus très agréable à Jerez avec les lecteurs qui avaient lu mon roman Harraga. Là, j’ai été présenté par l’admirable Juan José Téllez. Le débat avec le public de Jerez s’est prolongé avec ceux qui rentrèrent à Séville avec nous.

            Un long rêve à Tanger fut le troisième roman lu au Club de lecture de la Fondation des Trois Cultures. Pour diverses raisons, je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer, comme à mon habitude, les lecteurs, avec lesquels nous avons échangé des opinions par vidéoconférence. Mais à ce premier rendez-vous virtuel sera bientôt ajouté un rendez-vous personnel qui reste en suspens, avec la promesse que cet auteur animera également la soirée avec l’élaboration d’un couscous qui nous aidera à mener à bien le voyage dans la belle ville méditerranéenne que cette lecture prétend être.

            Revenir au siège de la Fondation des Trois Cultures de la Méditerranée sera pour moi, une fois encore, une occasion de célébration, de joie et d’amitié.

 

Antonio Lozano

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