{"id":48121,"date":"2019-01-28T10:47:21","date_gmt":"2019-01-28T10:47:21","guid":{"rendered":"https:\/\/tresculturas.org\/?post_type=noticias_fundacion&amp;p=48121"},"modified":"2019-01-28T10:47:21","modified_gmt":"2019-01-28T10:47:21","slug":"musica-para-la-esperanza","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tresculturas.org\/fr\/musica-para-la-esperanza\/","title":{"rendered":"Chansons d'espoir. La musique dans l'Holocauste"},"content":{"rendered":"<p>Les survivants qui les ont vus se rendre \u00e0 la chambre \u00e0 gaz le 6 octobre 1944 se souviennent encore, des d\u00e9cennies plus tard, des chants des enfants de l'infirmerie d'Auschwitz <em>Wiegala, Wiegala<\/em>La peur de la mort, qui les attend quelques minutes plus tard, quelques m\u00e8tres plus loin, est chass\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils ont \u00e9t\u00e9 recueillis par Ilse Weber, la femme aimante qui s'est occup\u00e9e d'eux pendant des mois dans le camp de Theresienstadt et qui a \u00e9crit pour eux de nombreux po\u00e8mes, histoires et chansons. Dans un dernier geste d'amour pour ces enfants, dont son plus jeune fils Tommy, elle les a volontairement accompagn\u00e9s pour leur insuffler un dernier souffle d'espoir par le biais de la musique. Peu de temps auparavant, Ilse avait compos\u00e9 pour eux la berceuse qui priait :<\/p>\n<p><em>La lune est une lanterne<\/em><\/p>\n<p><em>sur le fond noir du firmament,<\/em><\/p>\n<p><em>De l\u00e0, il a une vue sur le monde.<\/em><\/p>\n<p><em>Comme il est silencieux !<\/em><\/p>\n<p>Des histoires semblables \u00e0 celle-ci se sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9es trop souvent dans d'autres domaines, dans d'autres pays. Et ce qui est bien pire, c'est qu'elles peuvent se r\u00e9p\u00e9ter dans le pr\u00e9sent et le futur, o\u00f9 que ce soit.<\/p>\n<p>Pour ne pas retomber dans l'horreur, il est essentiel de ne pas oublier. C'est pourquoi, \u00e0 l'occasion du centenaire de sa naissance, nous devons nous souvenir des paroles de l'\u00e9crivain et survivant de l'Holocauste Primo Levi : \"Il n'est pas permis d'oublier, il n'est pas permis de se taire...\" (<em>Ceux qui ont coul\u00e9 et ceux qui ont \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s<\/em> - 1986) reste une obligation morale.<\/p>\n<p>Heureusement, dans un monde o\u00f9 l'imm\u00e9diatet\u00e9 est la priorit\u00e9, il existe encore des personnes qui r\u00eavent de sauver et de valoriser les <em>les sons sans \u00e9cho, les mots silencieux. <\/em>Le projet qui porte ce nom, dont la premi\u00e8re a eu lieu \u00e0 la Fundaci\u00f3n Tres Culturas \u00e0 l'occasion de la journ\u00e9e de comm\u00e9moration de l'Holocauste, est le fruit de l'engagement personnel de Bego\u00f1a Herv\u00e1s, pr\u00e9sidente de Juventudes Musicales de Bilbao.<\/p>\n<p>Ce projet est n\u00e9 de l'incr\u00e9dulit\u00e9 d'Herv\u00e1s : \"Je connaissais la musique que certains musiciens avaient faite pendant leur s\u00e9jour dans les camps de concentration, mais j'\u00e9tais surpris que, parmi tant de millions de victimes, seule la musique de quelques-uns ait \u00e9t\u00e9 transcend\u00e9e. J'ai d\u00e9couvert que pratiquement tous les prisonniers faisaient de la musique, et qu'il y avait de la musique dans tous les camps et ghettos, tous ! In\u00e9vitablement, la question s'est impos\u00e9e \u00e0 moi : comment est-il possible de faire de la musique dans de telles circonstances ?<\/p>\n<p>En effet, il existe des milliers de morceaux de musique compos\u00e9s dans les camps de concentration et d'extermination nazis. Certains ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s par des musiciens professionnels, d'autres n'\u00e9taient que des chansonnettes populaires sur lesquelles un d\u00e9tenu \u00e9crivait des paroles. Ils composaient et chantaient pour survivre. Et aussi pour lutter contre l'autre usage de la musique, l'usage ind\u00e9cent de ceux qui transforment la beaut\u00e9 en horreur, l'espoir en abandon.<\/p>\n<p>Les prisonniers \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement contraints de chanter des chansons nazies et des marches SS dans le seul but de les humilier. Des marches militaires et des pi\u00e8ces de Wagner \u00e9taient diffus\u00e9es par haut-parleurs pendant la nuit pour emp\u00eacher les prisonniers de se reposer ou pour couvrir le bruit des ex\u00e9cutions. Il \u00e9tait \u00e9galement courant que les prisonniers soient accueillis \u00e0 leur arriv\u00e9e dans les camps par un orchestre ou un ch\u0153ur de d\u00e9tenus jouant pour calmer les esprits et \u00e9viter les troubles.  Les musiciens professionnels \u00e9taient trait\u00e9s comme des esclaves, contraints de composer et de jouer lors des f\u00eates et des rassemblements priv\u00e9s de leurs bourreaux.<\/p>\n<p>Mais les prisonniers ont \u00e9galement compos\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 de la musique de leur propre initiative, pour eux-m\u00eames et pour leurs cod\u00e9tenus. La musique a fonctionn\u00e9 comme une technique de survie culturelle et comme une th\u00e9rapie, les aidant \u00e0 att\u00e9nuer la peur.<\/p>\n<p>Les t\u00e9moins de leurs souffrances \u00e9taient \u00e9parpill\u00e9s dans les partitions en lambeaux, \u00e9crites sur des bouts de bandages, des chiffons ou tout autre mat\u00e9riau qu'ils pouvaient utiliser pour \u00e9crire. Ils les cachaient dans des endroits o\u00f9 les gardes ne regardaient pas habituellement, comme sous le plancher des cabanes \u00e0 outils ou des latrines.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du syst\u00e8me des camps, le style dominant \u00e9tait la musique. <em>amateur <\/em>des mouvements de jeunesse et de travailleurs, et les musiciens professionnels \u00e9taient l'exception. Mais \u00e0 mesure que le nombre de d\u00e9portations augmentait, le pourcentage d'intellectuels, d'artistes et de musiciens professionnels originaires de nombreux pays augmentait \u00e9galement. C'est pourquoi la musique cr\u00e9\u00e9e au sein de l'Holocauste tient compte des diff\u00e9rentes traditions musicales nationales des d\u00e9tenus.<\/p>\n<p>Dans le syst\u00e8me des ghettos et des camps de concentration et d'extermination cr\u00e9\u00e9 par le nazisme, il y a eu des cas o\u00f9 la vie culturelle des d\u00e9tenus a eu une certaine place, ne serait-ce qu'\u00e0 des fins de propagande du r\u00e9gime.  L'exemple le plus clair est celui de Theresienstadt. Face \u00e0 l'indignation internationale croissante face aux conditions inhumaines des centres d'internement, les nazis ont autoris\u00e9 des repr\u00e9sentants de la Croix-Rouge danoise et de la Croix-Rouge internationale \u00e0 visiter le camp en juin 1944. L'une des plus grandes op\u00e9rations de propagande des nazis est alors en cours. Le camp est embelli au point d'appara\u00eetre comme une ville normale. Le jour o\u00f9 la commission a visit\u00e9 Theresienstadt, les d\u00e9tenus pouvaient se promener librement, les enfants fr\u00e9quentaient une \u00e9cole qui n'a jamais exist\u00e9 et les familles \u00e9taient divertis par des repr\u00e9sentations musicales et th\u00e9\u00e2trales compos\u00e9es par et pour eux.<\/p>\n<p>C'est ainsi qu'est n\u00e9 l'op\u00e9ra pour enfants <em>Brundib\u00e1r,<\/em> de Hans Kr\u00e1sa, ou l'op\u00e9ra de Viktor Ullmann <em>L'empereur de l'Atlantide ou la mort abdique<\/em>L'\u0153uvre a \u00e9t\u00e9 officiellement cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Amsterdam en 1975, car elle n'\u00e9tait pas autoris\u00e9e \u00e0 \u00eatre jou\u00e9e dans le camp, la figure de l'empereur \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9e comme un portrait satirique d'Hitler. Son compositeur, l'un des plus brillants musiciens de l'\u00e9poque, a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 dans la chambre \u00e0 gaz peu apr\u00e8s l'avoir compos\u00e9e.<\/p>\n<p>La collaboration de Yad Vasehem (Mus\u00e9e de l'histoire de l'Holocauste) et d'autres institutions et mus\u00e9es, ainsi que de Francesco Lotoro, professeur de musique, compositeur et pianiste qui a consacr\u00e9 pr\u00e8s de 30 ans de sa vie \u00e0 la recherche et \u00e0 la compilation de quelque 8 000 pi\u00e8ces musicales compos\u00e9es dans les camps de concentration, de travail forc\u00e9 et de prisonniers pendant la Seconde Guerre mondiale, a \u00e9t\u00e9 fondamentale dans le travail de compilation des pi\u00e8ces musicales qui composent ce spectacle. Au cours de ses recherches inlassables, il a parcouru des centaines de biblioth\u00e8ques et d'archives et a m\u00eame sauv\u00e9 les partitions des ruines des camps eux-m\u00eames.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 eux, Bego\u00f1a Herv\u00e1s a pu se procurer les manuscrits des chansons sur lesquelles elle a travaill\u00e9 : \"J'ai num\u00e9ris\u00e9 les partitions, traduit les textes, recherch\u00e9 des informations sur leurs auteurs, les circonstances qui les ont amen\u00e9s \u00e0 \u00e9crire chacune de ces chansons, les particularit\u00e9s des camps et des ghettos dans lesquels elles ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es\".<\/p>\n<p>Cependant, il y a encore beaucoup de travail \u00e0 faire. Les partitions ne contenaient que la ligne m\u00e9lodique. Il fallait trouver un compositeur ayant la capacit\u00e9 et la sensibilit\u00e9 n\u00e9cessaires pour r\u00e9aliser les harmonisations et les arrangements pour piano. Arnold W. Collado, pr\u00e9sident de Juventudes Musicales de Sevilla, s'est charg\u00e9 de cette partie du projet.<\/p>\n<p>Il en r\u00e9sulte des arrangements magistraux qui soutiennent et renforcent parfaitement le sens du texte et l'intensit\u00e9 des sentiments exprim\u00e9s dans chacune des pi\u00e8ces.<\/p>\n<p>Parmi les nombreuses difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans ce projet, Collado consid\u00e8re que l'une des plus compliqu\u00e9es a \u00e9t\u00e9 de travailler avec de la musique \u00e9crite par <em>amateurs : <\/em>\"Sur les 15 chansons travaill\u00e9es, seules quatre ont \u00e9t\u00e9 compos\u00e9es par des musiciens professionnels. C'est un travail \u00e9norme, car il y a des imperfections dans la composition qu'il faut corriger, mais sans perdre l'essence de la composition. Par exemple, j'ai d\u00fb cr\u00e9er des interludes ou des passages interm\u00e9diaires pour leur donner un sens.<\/p>\n<p>Le choix des musiciens pour interpr\u00e9ter ces pi\u00e8ces a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 transcendantal pour Bego\u00f1a Herv\u00e1s. Les jeunes Mercedes Gancedo, soprano, et Beatriz Miralles, pianiste, ont r\u00e9pondu \u00e0 la perfection, tant par la virtuosit\u00e9 de leur technique que par leur capacit\u00e9 \u00e0 communiquer avec le public.<\/p>\n<p>Mais<em> S<\/em><em>bruits d'\u00e9cho, paroles silencieuses <\/em>ce n'est pas, ce ne peut pas \u00eatre, juste un concert<em>. <\/em>L'histoire de la terrible douleur contenue dans chaque chanson devait \u00eatre soutenue et renforc\u00e9e par la mise en sc\u00e8ne. Il s'agit donc d'un spectacle musical et sc\u00e9nique qui raconte l'histoire de la souffrance v\u00e9cue par les auteurs et leurs accompagnateurs. Sous la direction de Jon Amuriza, la troupe de th\u00e9\u00e2tre Odissea Ensamble recr\u00e9e \"un concert en 3D\" qui met en sc\u00e8ne chaque chanson pour montrer de la mani\u00e8re la plus intense possible ce qu'a \u00e9t\u00e9 l'Holocauste.<\/p>\n<p>Comme le raconte Bego\u00f1a Herv\u00e1s, \"il y a des \u00e9tudiants d'une vingtaine d'ann\u00e9es qui ne savent presque rien de ce que c'\u00e9tait. Je leur ai dit : vous devez le voir, vous devez le voir pour savoir ce que c'\u00e9tait, parce que quelque chose comme \u00e7a ne devrait jamais se reproduire\".<\/p>\n<p>Parce qu'en fin de compte,<em> S<\/em><em>bruits d'\u00e9cho, paroles silencieuses <\/em>est un engagement en faveur de la m\u00e9moire pr\u00e9ventive. Celle qui cherche \u00e0 secouer les consciences endormies pour ne pas retomber dans l'horreur.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><strong><em>JEUNESSE MUSICALE<\/em><\/strong><\/p>\n<p><em><strong>Jeunes musiciens<\/strong><strong> a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e \u00e0 Bruxelles en 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale. Au milieu de l'horreur, la jeunesse sans espoir de la Belgique occup\u00e9e a besoin d'une raison de s'accrocher \u00e0 la vie, d'un id\u00e9al autour duquel se rassembler. \u00c0 la fin de la guerre, en 1945, d\u00e9sireux d'utiliser la musique comme vecteur de paix, les Jeunes Musiciens du Luxembourg, de Belgique et de France fondent la F\u00e9d\u00e9ration Internationale des Jeunes Musiciens. Peu apr\u00e8s, l'Allemagne rejoint la f\u00e9d\u00e9ration, de sorte que ce qui avait commenc\u00e9 comme un mouvement de protestation pacifique est devenu un mouvement de r\u00e9conciliation de la jeunesse europ\u00e9enne par la musique. Aujourd'hui, les Jeunesses Musicales Internationales, bas\u00e9es \u00e0 Bruxelles, sont pr\u00e9sentes dans cinquante-cinq pays, dont l'Espagne, depuis 1952. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, les Jeunesses Musicales se sont ouvertes \u00e0 de nouveaux styles, y compris des alternatives telles que le flamenco et le jazz. <\/strong><\/em><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Los supervivientes que los vieron marchar camino de la c\u00e1mara de gas aquel 6 de octubre de 1944 a\u00fan recordaban, d\u00e9cadas m\u00e1s tarde, c\u00f3mo los ni\u00f1os de la enfermer\u00eda de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":48130,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[35],"tags":[],"class_list":["post-48121","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-articulos"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v28.5 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Canciones para la esperanza. 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